Plaisir Partagé

Thaïs, Amazone et Hédoniste : le Plaisir, rien que pour le Plaisir, en toute Liberté

Alors que je dégustais tranquillement le verre de vin qu’on m’avait offert j’imaginais les questions qu’ils étaient en train de poser, là haut, à ma compagne de ce jeu étrange imaginé de toute pièce par notre ami I. Je me remémorais également les questions qu’on m’avait posées, l’ambiance presque religieuse parmi ces hommes réunis autour de la fausse bonne soeur Thaïs si indécente et si obscène en ce lieu rituel. J’imaginais tous ces hommes habillés de noir, sérieux, concentrès. Peut-être même étaient ils revêtus d’une cagoule pointue ne dévoilant que leur regard comme j’aurais pu l’imaginer dans mes rêves d’enfant. Je me posais aussi des questions sur ce lieu aux résonances de chapelle. Quel contraste avec la pièce dans laquelle je me trouvais désormais : une salle banale, du genre salle de classe, avec des tables disposées en forme de U. Des tables et des chaises qui ressemblaient à du mobilier d’école. Sur l’une des tables étaient disposées des victuailles : cochonaille, fromage, pain, tartes sucrées et salées et vin en abondance. Tout était prêt pour les ripailles et je commençais à saliver en attendant qu’ils en aient terminé avec l’interrogatoire de D. Au moment même où j’allais oser me reservir un verre de vin une rumeur venue d’en haut me parvint aux oreilles : voix, bruits de chaises qu’on bouscule, rires. D descendait rayonnante accompagnée par notre guide. On lui ôta le bandeau, elle me sourit mais nous n’eûmes pas le temps d’échanger nos impressions. Tous les hommes descendaient un à un. Telle une enfant je me sentais légèrement frustrée de ne pas les découvrir costumés, cagoulés, inquiétants. Combien étaient ils ces homme secrets ? Une quinzaine. Ces hommes secrets qui étaient si sérieux quelques minutes plus tôt étaient désormais souriants, détendus et bavards, ravis de participer à cette soirée qui les sortait de leur rituelle routine. Tour à tour ils viennent nous congratuler et nous remercier d’avoir bien voulu jouer sans défaillir au jeu de la vérité, nous les remercions nous aussi pour leur si gentil accueil. L’ambiance est gaie, presque paillarde et la salle des agapes qui était si silencieuse cinq minutes plus tôt ressemble maintenant une cour de récréation pour grands garnements.

Un homme frappe dans ses mains. Tout le monde se tait. L’homme annonce que les agapes vont commencer. Tout le monde, y compris Soeur D et Soeur Thaïs, est invité à s’installer et à participer au festin. Deux hommes, deux tristes sires au visage lugubre, nous quittent furtivement comme s’ils avaient commis un quelconque méfait. Mais les autres restent, plutôt hilares. Nous devisons tous gaiement, des hommes viennent à tour de rôle nous signifier le plaisir qu’il ont pris à tenter de nous pousser dans nos retranchements intimes. Certains en profitent au passage pour glisser quelques caresses plus ou moins insistantes, plus ou moins timides. Le vin et la riche nourriture aidant les langues se délient, les esprits s’échauffent, les mains se font baladeuses. I, qui est assis en face de moi et qui jouit du spectacle, me gratifie d’un regard entendu et complice, et prend alors la parole :

- “Messieurs Soeur Thaïs a un petit poème à vous réciter, un petit poème de ma composition, un petit poème qui parle d’elle. Je vous laisse apprécier. Thaïs, monte donc sur une table pour nous faire part de ce texte qui s’intitule : Je suis une tailleuse de pipes”

Ah le salaud, me faire monter sur une table moi qui ai le vertige dès que je grimpe sur une marche de 30 centimètres ! Vaillamment je saisis le papier qui se trouve dans l’une des poches de ma bure de nonnette, et beaucoup moins vaillamment je me hisse sur une chaise puis sur la table qui se trouve devant moi. Bien évidemment mes jambes tremblent sur mes escarpins noirs à talons beaucoup trop hauts pour cette épreuve d’alpinisme. Un homme compatissant m’attrape par les chevilles et me tient fermement. J’espère qu’il en profite pour regarder sous ma bure tout en dépliant le précieux papier. Dans le silence je commence à lire le superbe texte paillard que I m’avait rédigé pour l’occasion. Un régal ce texte (Je vous en dévoilerai peut être le contenu un de ces prochains jours si vous êtes sages, et si I veut bien me le renvoyer), une ode aux fellations et autres pompages pratiqués par Soeur Thaïs. Mon auditoire semble sous le charme. Certains sourient, d’autres ont les yeux qui brillent et Soeur D, aux anges, se fait gentiment peloter par son voisin de table. Quant à moi je tremble comme une feuille et n’espére plus qu’une chose : cesser de léviter, redescendre sur terre, sur cette terre où je serais si bien à genoux parmi ces hommes la bouche à la bonne hauteur pour le genre de pratique si bien décrite dans le texte égrillard de I. J’imaginais tous ces hommes réunis autour de moi entonnant d’une seule voix “Je suis une tailleuse de pipe” à la fin de ma prestation. Rien de similaire ne se produisit mais le texte d’I fut largement applaudi, la lectrice également. On m’aida gentiment à redescendre de mon perchoir. Désormais certains participants, bien échauffés par ces rabelaisiennes agapes, se montraient beaucoup plus pressants : Soeur D avait ses fans, Soeur Thaïs aussi. L’un d’entre eux, la bonne cinquantaine, me prit par la main et m’invita alors à une visiter les lieux secrets de l’interrogatoire. J’acceptai immédiatement avec grand plaisir….

La suite dans “Chez les Hommes Secrets (4) : les Nonnes Délurées”

One Response to “Chez les Hommes Secrets (3) : les Agapes”

  1. On vous voit venir, on vous voit venir mais c’est quand même délicieux

    Anne

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