Dehors le vent soufflait en ce samedi de fin d’après-midi de novembre, les feuilles tourbillonnaient devant les fenêtres, et la pluie métallique, comme énervée par l’approche de l’hiver, battait les vitres. Dans l’appartement gris et blanc il régnait une douce activité : nous transformions le confortable appartement de P en tripot : les bouteilles d’alcool étaient disposée sur le guéridon proche de la table centrale, le Champagne était au frais. Le jeu de cartes, les jetons, les cendriers et une lourde nappe descendant jusqu’au sol recouvraient la lourde table ronde en verre. L’abat jour était abaissé au maximum pour mieux éclairer la table de jeux. Tout était prêt pour accueillir les joueurs de poker.
P dégustait un verre de whisky mollement allongé sur le canapé alors que je peaufinais les derniers détails préalables à l’arrivée de ses invités. Un « Thaïs viens ici ! » surgit du fond du canapé. Obéissante je m’assis face à P, écartant les cuisses pour lui offrir ce qu’il exigeait rituellement de moi depuis quelques mois : ma disponibilité de tous les instants.
- « Voici ce que j’attends de toi ce soir Thaïs : avant l’arrivée de mes amis tu iras te cacher discrètement sous la nappe. Tu t’installeras à mes pieds de telle façon qu’ils ne te sentiront pas. Je t’indiquerai à l’avance la place à laquelle je vais m’installer. Quand la partie sera avancée je te signifierai d’un léger coup de pied vers lequel de mes invités tu devras alors te diriger. Ton rôle sera de les caresser, puis de libérer leur sexe et enfin de les sucer si je t’en laisse le temps. J’espère que tu y mettras la meilleure volonté du monde. Mon but est que tu les troubles suffisamment pour que je gagne la partie. Si je perds la règle est simple : tu seras punie de la manière la plus terrible qui soit. Compris ? »
Je hochai la tête en signe d’assentiment, ne comprenant que trop bien l’enjeu de la partie de poker. Ce défi me plaisait. Il m’amusait et m’excitait de surcroît. J’étais confiante.
- « Un dernier détail : je t’interdis de sortir de ta cachette, même s’ils t’y invitent. Je ne veux pas qu’ils voient ton visage»
Sur ces entrefaites nous nous dirigeâmes vers la table pour convenir des détails de la mise en scène à venir. Je ne connaissais bien évidemment aucun des autres figurants de ce spectacle mis en scène par P, le machiavélique. P me montra la place qu’il allait occuper et nous vérifiâmes ensemble qu’une fois à ses pieds les joueurs de cartes ne sentiraient pas ma présence, au début de la parie au moins. Nous convînmes aussi d’un code commun: son pied droit posé sur le pied gauche signifiait « à droite », son pied gauche posé sur le pied droit : « à gauche », jambes croisées : « devant », enfin une pression du pied : « stop »… La répétition était terminée et nous étions prêts. La lampe allumée au dessus de la table de jeu invitait à s’y tenir sous son halo comme pour s’y réchauffer. Il était 18 heures 45. Nos invités devaient arriver à 19 heures précises. P m’ordonna de me tenir sous la table cinq minutes avant l’heure fatidique, ce qu je fis sans me faire prier. Je m’installai sur l’épaisse et confortable moquette grise, dans l’ombre, protégée par la nappe épaisse, comme une petite chienne attendant les pieds de son maître pour y poser sa truffe. Le carillon de la porte d’entrée ne tarda pas à sonner joyeusement. J’entendis la porte s’ouvrir, des voix d’hommes, des rires. Ils étaient plusieurs : mon oreille décelait la voix de P, une voix très grave légèrement rauque d’homme mûr, une voix plus jeune moins posée et une voix de celui que je qualifiais immédiatement de « pipelette ». Le quatuor était donc au complet et la partie allait pouvoir commencer immédiatement.
P invita ses trois invités à s’asseoir autour de la table tout en s’installant lui-même à la place prévue lors du scenario convenu entre nous. Mon espace clos s’était subitement considérablement restreint et j’avais beaucoup de mal à ne pas effleurer les pieds ou les jambes des trois autres joueurs. Au dessus, dans le monde du dessus de table, on discutait, on riait. Je ne comprenais rien aux conversations parfois professionnelles, parfois amicales d’un univers que P ne partageait pas avec moi. L’oreille aux aguets je tentais de découvrir des pans de vie qui m’échappaient totalement. Un bouchon de Champagne sauta. J’entendais le doux et sensuel son des bulles de Champagne pétillant dans les coupes. Il régnait une chaleur toute tropicale sous cette table, dans l’hémisphère sud de cette soirée consacrée au poker. L’air devenait irrespirable. Je soulevai légèrement et le plus discrètement possible la lourde nappe pour pouvoir happer un peu d’air frais. On battait les cartes pendant ce temps là, on fumait et on buvait dans l’hémisphère nord. Le jeu commençait dans le silence interrompu pour les seuls besoins du jeu par les annonces des quatre joueurs. Je respirais difficilement, ma gorge était sèche et je m’ennuyais dans mon monde souterrain. J’en profitais pour scruter les entrejambes de ces messieurs, anticipant les difficultés à ouvrir certaines braguettes récalcitrantes : tous trois étaient vêtus de blue-jeans aux boutons facilement accessibles. L’un d’entre eux avait les jambes repliés sous sa chaise, le deuxième avait les cuisses largement écartées comme une invite à aller y mettre la main ou plus si affinités, le troisième sans doute plus réservé avait les jambes croisées l’une sur l’autre. Aucun d’entre eux ne bougeait ou ne changeait de posture, concentrés qu’ils étaient sur leurs cartes et le pécule en jeu ce soir là. J’en étais là de mes réflexions lorsque je vis le premier signe : P posait son pied droit sur son pied gauche. Heureuse de pouvoir enfin me déplier, heureuse aussi de pouvoir participer au jeu à ma façon, je me dirigeai donc vers la droite de la manière la plus douce possible pour ménager la surprise totale au joueur visé. Le hasard en avait bien décidé : il s’agissait de « cuisses écartées », celui qui avait auparavant attisé mes regards concupiscents. Je plaçai directement une main sur son entrejambe, appuyant légèrement sur son sexe au repos comme pour le réveiller en douceur. L’homme sursauta, surpris par ma présence et mon geste inattendus. Il se détendit ensuite et alors que je m’appliquais à ouvrir sa braguette je l’entendis dire :
- « P tu es un hôte parfait, tu sais recevoir…. »
Je fus alors prise d’une furieuse envie de m’esclaffer mais je m’en abstins en me mordant l’intérieur des joues : personne, hormis mes deux désormais complices, ne semblait se douter de ma présence et le jeu continuait comme si rien ne s’était passé. J’imaginais que P lui aussi devait s’amuser de cette situation, lui qui nous manipulait tous comme des pantins. Pour m’aider l’homme s’avança sur le rebord di siège afin que je puisse plus facilement caresser son sexe qui commençait à durcir. Les autres joueurs, eux, se concentraient sur leur jeu. Le sexe du bonhomme mollissait ou raidissait au gré la puissance de sa concentration sur le jeu. Lasse de ce petit jeu et décidée à le faire raidir pour de bon je pris délicatement son sexe dans ma bouche. Mes mouvements étaient hélas contraints et bridés par le plateau de la table sur laquelle je risquais de me fracasser le haut du crâne à tout moment. J’’avalai donc ce sexe généreux que je gardai au fond de ma gorge au risque de m’étouffer.
- « Hé G ! Que fais-tu ? C’est à ton tour ! »
- « Qu’est ce qui ne va pas ? Tu es tout rouge ? Tu vas bien ? »
Je suffoquai à m’en étrangler et lâchai prise
- « Tout va bien, tout va bien » répondit la voix de G, mal assurée, légèrement vacillante.
Une pression du pied sur mon postérieur me fit comprendre qu’il était temps d’arrêter du côté de G. Je revins m’asseoir aux pieds de P dont les jambes se croisèrent peu après m’indiquant d’aller rendre une petite visite au voisin d’en face.
Je me faufilai entre les jambes, jetai un coup d’œil au passage à ma droite pour y constater avec satisfaction que la braguette de G était toujours ouverte, et que son beau sexe était toujours en érection invitant ma bouche à de nouvelles caresses. Cette fois j’allai droit au but et mes mains ouvrirent la braguette de la nouvelle victime de notre machination. Je fus assez déçue de constater que l’homme visé n’avait même pas tressailli. S’en doutait-il ? Avaient ils communiqué par gestes tout en jouant ? Cette fois-ci ma victime était la pipelette qui commenta joyeusement, tout en continuant à jouer, chacun de mes faits et gestes, déstabilisant ainsi les joueurs partagés entre leurs désirs naissants et les enjeux de cette étrange partie de poker. La pipelette répondait ainsi aux vœux les plus chers de P qui devait jubiler en anticipant sa victoire prévisible.
- « P, tu ne nous avais pas dit que tes dessous de tables étaient hantés ! On peut voir la demoiselle »
- « Pas question »
- « Allez, sois gentil elle doit avoir chaud là-dessous. Servons lui au moins à boire »
L’une des mains de la pipelette – celle qui ne tenait pas les cartes - me caressait le visage et le front du geste ancestral d’une mère constatant un front brûlant de fièvre.
- « Son visage est brûlant, je vais lui donner à boire »
Je vis soudain la nappe se lever soulevant un semblant de fraîcheur dans mon antre. Une main accompagnée d’un verre de Champagne se tendit, et un beau visage juvénile se pencha vers moi me gratifiant d’un adorable clin d’œil complice. Je pris le verre et le remerciai de la voix et du geste. J’avalai une gorgée de Champagne frais et pétillant et gratifiai ensuite mon sauveteur des caresses les plus douces et les plus sensuelles. Son sexe reconnaissant se raidissait et j’imaginais mon bavard les yeux fermés, prêt à lâcher le jeu de cartes qu’il ne tenait plus tout à fait entre ses mains. Il s’avança encore un peu plus sur le siège sur lequel il était assis pour m’aider, concentrant toute son énergie sur le plaisir qu’il ne réfrénait nullement, tout entier à son désir, absent soudainement du jeu. Les autres, sans doute un peu jaloux le rappelèrent à l’ordre, brutalement :
- « Oh M, reviens sur terre. N’oublie pas que tu es venu ici pour jouer au poker »
A ce moment une pression des pieds de P sur mon postérieur me fit comprendre qu’il me fallait arrêter. Ce que je fis à contrecoeur cette fois. J’abandonnai ce doux, bavard et joyeux complice, mais je continuai à lui caresser une jambe d’une main jusqu’au moment où P me signifia d’aller m’occuper du quatrième larron, à sa gauche. Sans doute le plus rusé, le plus coriace et le plus difficilement manipulable de la bande. Cette fois ci il s’agissait de l’homme à la voix grave, appelons le « Grosse voix ». « Grosse voix » était le plus âgé de la bande et sans doute le plus difficile à satisfaire. « Grosse voix » se contrôlait et me le faisait comprendre. Après maintes caresses, je déboutonnai sa braguette et baissai slip et pantalon jusqu’à ses pieds, remontai ma langue entre ses cuisses ouvertes, redescendait puis remontait avec ma langue toujours. Pas un frisson, pas un mot, pas l’ombre d’une érection. Prête au grand jeu, Je remontai alors encore un peu plus haut et léchai ses testicules avec ferveur et application, m’insinuait le long de son sexe, dégageai le gland, doucement, sur lequel je répandais ma salive avant d’entreprendre de douces caresses avec la pulpe de mes lèvres.
- « P tu es un enfoiré de manipulateur » finit par dire grosse voix
L’homme restait malgré tout très maître de lui-même. Foi de Thaïs je l’aurai ! Me dis-je. A nous deux « Grosse voix » ! Tu vas voir ce dont Thaïs est capable…. Je pris alors ses testicules dans mes mains et commençai à les malaxer tout doucement, puis jouai à les gober avant d’avaler son sexe jusqu’aux testicules. Je sentais bien que son sexe ne mentait pas, lui, et de demandait qu’à bondir et à apprécier mes douces caresses. Je me mis alors à le pomper tout en enroulant ma langue autour de son gland à chaque fois que j’engloutissais la hampe qui cette fois durcissait vaillamment. Mon bonhomme capitulait en faveur de son désir animal. Toute résistance avait lâché. Deux mains passèrent sous la table et guidaient mon crâne pour me faire accélérer le mouvement, le bassin de l’homme ondulait de manière saccadée désormais, ses testicules gonflaient, le sang affluait à plein régime, l’homme explosa sa jouissance et son foutre soudainement dans ma gorge. Il jouit, tendu comme un arc. Le silence était total désormais. Je reposai ma joue sur ses cuisses, les mains de l’homme vinrent flatter ma nuque, alors qu’un pied dénudé venait soulever ma jupe et que quelques orteils venaient s’insinuer dans ma douce, humide et chaude intimité de femme comme pour en vérifier le bon fonctionnement.
Les hommes terminèrent la partie, mollement, sans doute parce que l’issue du jeu leur était désormais connue. Une quinzaine de minutes plus tard j’entendis une bordée de concert de jurons : P avait gagné ! « Grosse voix » remonta slip et pantalon, les deux autres un peu frustrés sans doute fermèrent braguette et rangèrent sexe mollissant. Une main, celle de l’adorable pipelette, me tendit une coupe de champagne et une cigarette, maintenant la nappe soulevée pour me laisser respirer. Reconnaissante, je me lovai contre lui et le caressai. L’entente entre nous fut tacite : il ne dit rien et n’ébruita pas mon geste cette fois. Soudainement, comme si une mouche les avait piqués, les quatre hommes se levèrent. La nappe fut une dernière fois soulevée et la pipelette me gratifia d’un gentil baiser soufflé du bout des lèvres. La nappe retomba aussi vite qu’elle s’était levée. J’attendais le claquement de porte libérateur. Dès que la porte fût fermée, je bondis dans l’air enfumé du tripot provisoire. J’avais chaud, trop chaud, et j’avais hâte d’entendre le récit de P, de passer de l’autre côté du miroir….. P était hilare. Il avait la mine réjouie et l’œil brillant d’un l’enfant malicieux.
- « Bravo Thaïs j’ai gagné grâce à toi… Mais tu vas être punie quand même…. » dit-il en dégrafant la boucle de son épais ceinturon de cuir l’air soudainement sombre et sévère….
Moralité : regardez toujours sous la nappe avant de vous asseoir à une table de jeux.

Chère Thaïs,
Bravo pour cette dernière fourniture. Comme toujours, très bien écrite. Voilà qui me donne envie de mettre au poker !
IMAGO
December 10th, 2006
Ne me demandez pas de vous initier aux règles du Poker : je n’ai pas tout suivi…. Il y est question de brelans, joli anagramme n’est ce pas ?
Thaïs
December 11th, 2006
Vous voyez le bien partout !…
Je m’aperçois que j’ai écrit “fourniture” au lieu de “livraison” ! Il est temps que prenne ma retraite, le business me déforme l’esprit.
IMAGO
December 11th, 2006
Allez allez il vous reste encore quelques petites années de travail… et puis entre”fournir” et “livrer” la différence est si ténue. Pas encore assez grave pour vous forcer à prendre votre retraite cher Imago. Il est vrai que je serais ravie que vous preniez votre retraite car vous auriez ainsi plus de temps à consacrer au dessin. Mais ceci est une considération très personnelle et très intéressée j’en ai bien peur !
Thaïs
December 12th, 2006
Vous pouvez y compter.
Même si ça ne se voit pas, je vous ai consacré beaucoup de temps ces derniers jours. Mais le résultat n’est pas probant.
Je ne sais pas ce qui se passe ; c’est comme si je ne savais plus dessiner. Un sujet pourtant très simple. C’est peut-être cela le piège ; mais je ne renonce pas…
IMAGO
December 12th, 2006
Touchée et gênée que vous me consacriez autant de temps Imago. Je ne voudrais pas abuser de votre temps, ce précieux trésor dont nous ne disposons qu’avec parcimonie.
Thaïs
December 13th, 2006
Absolument bandant ! J’adore !
Stéphane
December 20th, 2006
Eh bien vous ne pouvez pas me faire meilleur compliment. Votre bandaison dooit flatter mon ego….Je devrais aussi considérer la version féminine de cette histoire : 4 femmes la jupe relevée en train de jouer au poker. Pas mal non plus
Thaïs
December 20th, 2006
Oui, oui, pas mal du tout !
Merde, je bande…
Stéphane
December 21st, 2006
Stéphane, vous vous imaginez seul homme sous une table au milieu de quatre femelles aux appétissants connillons n’est ce pas ?
Thaïs
December 21st, 2006
rien ne vaut une telle lecture le matin pour vous reveiller..et voila je bande comme un ane..j’aime cette femme prete a prendre sa “ration” de verges pour le plaisir de “P”. tiens je bande toujours, mais que m’avez vous fait, chere amie ??
chiraz
March 7th, 2007
Chiraz si vous vous réveillez dans cet état là vous risquez de ne pas être très opérationnel, à moins que vous ne soyez acteur de films pornographiques…
Thaïs
March 7th, 2007
Non, ne le suis pas..mais comment resister a de telles debauches…de peaux, de mouille…j’en ai la larme a…
chiraz
March 8th, 2007
Vous voulez un mouchoir ?
Thaïs
March 9th, 2007
votre bouche me conviendrait mieux..
chiraz
March 12th, 2007
Oh la tricheuse ! Tricheuse contre l\’esprit du jeu seulement ! Voilà un texte haut en couleurs qui demanderait une suite. Quatre rois et une reine, voilà une belle annonce ! Quatre paires et une reine, jamais vu ça!
alain
May 21st, 2007
Avouez qu’une telle tricherie vaut le coup de perdre au poker
Et puis c’était pas moi qui trichais d’abord !
Thaïs
May 21st, 2007
Complice de tricherie…J’ai perdu des parties de façon moins agréable! Mon commentaire n’était qu’une façon de varier sur des termes de ce jeu!
alain
May 21st, 2007