Plaisir Partagé

Thaïs, Amazone et Hédoniste : le Plaisir, rien que pour le Plaisir, en toute Liberté

- « Thaïs soyez sage je vais ouvrir la porte à mes jeunes fauves affamés de savoir et de science. Vous les entendez piaffer d’impatience dans le couloir n’est ce pas ?” Ordonna le Pygmalion à lunettes
Sage, sage, je n’ai jamais été aussi sage ! Pensais-je à moitié cachée sous le drap du champ opératoire. J’entendis le grincement de la lourde porte s’ouvrant sur des conversations et des rires typiquement masculins, puis le défilé des pas martelant le plancher, suivi par les dossiers et classeurs qu’on lance allègrement sur les tables de l’amphi dans un vaste brouhaha général. La porte fut refermée à grands renforts de sinistres grincements dignes des portes du château de Frankenstein. Le bas de mon corps a envie de danser la gigue ou quelque french cancan pour signifier que je suis là, bien vivante, mais tout ce petit monde semble s’en moquer royalement. Mes jambes auraient pu se balader dans une vasque de formol, l’effet sur cette bande de joyeux carabins eût été similaire. En attendant j’avais beaucoup de mal à imaginer combien de paires d’yeux seraient rivées sur ma demi présence d’ici quelques minutes.
- « Messieurs, silence s’il vous plaît ! Nous allons commencer notre cours et nos travaux pratiques sur le plaisir féminin immédiatement. Je vous prie de désormais bien vouloir vous asseoir à vos places, et d’observer le silence. Si vous avez des questions à poser je vous inviterai à le faire en temps voulu. Je vous présente notre cobaye du jour, sujet féminin dans la force de l’âge, en excellente santé, et en pleine disposition de ses moyens, de tous ses moyens. Je vais pratiquer dans un premier temps quelques petites démonstrations d’anatomie sur notre sujet, et je convoquerai ensuite certains d’entre vous pour m’aider lors de quelques expériences complémentaires. Des questions ? »
Une voix juvénile retentit, une voix qui provenait du fond de l’amphithéâtre :
- « Professeur, est ce que le sujet a déjà été utilisé lors d’expériences similaires ? Si oui ne pensez vous pas que la multiplication d’expériences successives soit susceptible de déformer les résultats escomptés ? »
- « Non jeune homme ce cobaye n’a jamais été utilisé dans un tel cadre : il est vierge de toute expérience scientifique telle que nous les pratiquons ici. Au fait, j’aurais besoin que l’un d’entre vous prenne en charge l’enregistrement de notre séance sur ce dictaphone…. Vous là bas, au deuxième rang, approchez donc. Vous serez notre greffier. »
Je sentais que le professeur approchait de mes jambes, je sentais les effleurements d’ailes de papillons de sa blouse en coton sur la face externe de ma cuisse gauche. Soudain ses mains, qu’il avait chaudes et douces, caressèrent l’intérieur de mes cuisses pour finalement mieux les écarter et caler mes pieds sur les étriers de métal. Le projecteur, qui jusqu’alors dardait ses électriques rayons sur le champ opératoire, fut alors braqué sur mon entrejambe. Bruits de ferraille et d’objets qu’on déplace sur la desserte en acier brossé, suivis du claquement caractéristique du latex : l’homme de science venait d’enfiler ses gants de chirurgien au milieu du murmure des étudiants.
- « Un peu de silence et de concentration messieurs, nous allons commencer l’expérience. Greffier s’il vous plaît mettez le magnétophone en marche, je vais opérer. Vous, le questionneur, approchez je vais probablement avoir besoin de votre aide, une fois que vous aurez enfilé votre blouse ainsi qu’une une paire de gants chirurgicaux. »
J’étais quant à moi toute ouïe, les sens aux aguets, guettant la moindre approche humaine susceptible de me donner une piste ou un sens quant à mon futur proche de demi cobaye humain. Nouveau claquements de latex : l’assistant était prêt, lui aussi.
Une main gantée écarta mes cuisses largement, sans doute pour donner une meilleure vision de mon entrejambe à l’assistance. Je sentis immédiatement un liquide frais dégouliner copieusement sur mon pubis glabre. Des mains - celles su professeur - etalèrent ce liquide légèrement gélatineux sur mes lèvres, tout en les caressant doucement. Elles ouvrirent ensuite largement les replis de mon sexe et continuèrent à en enduire les replis pour qu’ils soient largement imbibés de ce lubrifiant.
- « Régle N° 1 : le sexe d’une femme doit être largement lubrifié, toujours, pour obtenir une optimisation de son plaisir. En l’absence d’émission abondante de cyprine vous pouvez utiliser un lubrifiant comme celui-ci, et surtout, surtout n’en soyez pas avares. Vous allez très vite comprendre pourquoi j’utilise un tube entier lors de chacune des mes expériences. Je vais maintenant vous montrer par le détail l’anatomie du plaisir féminin. »
Pendant qu’il parlait il avait glissé un doigt puis deux doigts lubrifiés dans mon vagin comme pour en vérifier la douceur et la souplesse, tout en jetant un coup d’œil malicieux sous le champ opératoire, vérifiant au passage l’état de mes tétons qui, bien entendu, commençaient à se dresser et à durcir sous l’effet de toutes ces caresses prodiguées avec grande précision. Je commençai à gémir un peu, et il me fit signe de me taire. Facile à dire pensai-je en haussant les épaules et en regrettant d’être ainsi réduite ainsi au silence. Un objet rigide et très froid pénétra en moi, un objet que je reconnus immédiatement pour l’avoir déjà ressenti de nombreuses fois lors d’examens gynécologiques de routine : Dr Folamour avait délicatement introduit un speculum dont il écartait progressivement l’ouverture dans le but de me dilater au maximum. Je le laissai ainsi m’écarteler jusqu’au moment où j’eus cette étrange impression d’être ouverte de telle manière qu’ils pouvaient tous contempler jusqu’à mon absence d’amygdales. Il y eut à ce moment précis un vague murmure dans l’assemblée, et sans doute – pensai-je – quelques commentaires salaces de carabins.
- « Régle N° 2 : la cavité vaginale doit être dilatée pour être largement lubrifiée également, elle aussi. Pour ce faire vous pouvez utiliser un speculum de Collin ou un speculum de Cusco, comme vous l’entendez. Jetable en plastique ou stérilisable en métal. Peu importe. Une fois dilatée, emplissez largement la cavité vaginale de lubrifiant et ôtez ensuite, à ce stade, le speculum qui ne vous sera d’aucune utilité dans l’immédiat. Avez-vous des questions ? »
Ma “cavité vaginale” se referma dans un bruit de succion et je sentais le lubrifiant qui dégoulinait de mon vagin jusqu’à mon anus avant de se répandre sur la table. Cette douce et voluptueuse humidité à elle seule était une véritable caresse. J’étais aux anges, voire plus.
- « Professeur, ne pensez vous pas qu’à ce stade notre cobaye a déjà éprouvé du plaisir ? » demanda une voix gaie et enjouée.
- « Du plaisir, ou plutôt de la jouissance, non mais elle en a ressenti les prémices. J’ai vérifié : les tétons sont durcis et il y a eu très vite d’inaudibles petits gémissements caractéristiques, dès le début prometteur de notre expérience. Notre cobaye se comporte comme prévu : il ressent quelques vagues diffuses de plaisir mais nous ne pouvons pas encore parler de jouissance. Regardez d’ailleurs la peau de ses cuisses, et vous constaterez l’absence totale de chair de poule à ce stade. Voyons maintenant les différents organes du plaisir féminin. Petite parenthèse au passage : Je ne vous ferai aujourd’hui pas de démonstration du plaisir anal : nous allons nous concentrer sur ce beau specimen de sexe féminin. Approchez, vous, vous allez m’aider : vous allez m’écarter ces grandes lèvres pendant que je montrerai l’anatomie de notre cobaye à vos collègues.
Sans aucune hésitation l’étudiant désigné prit mes grandes lèvres charnues entre ses doigts et les écarta au maximum dévoilant l’anatomie complète et les replis de mon coquillage marin. Je soupirai d’aise en les imaginant tous, sourcillant pour mieux voir mes secrets dévoilés.
- « Il est bien évident, mais cela vous le savez déjà tous, que certaines caractéristiques anatomiques diffèrent d’une femme à une autre. Je n’ai pas l’intention de vous donner un cours d’anthropométrie, l’objet de cette expérience étant de nous focaliser sur les organes de plaisirs et sur l’observation de la manifestation du plaisir et de la jouissance de ce cobaye. Comme vous le constatez votre collègue est en train d’écarter les grandes lèvres pour mieux vous dévoiler l’intimité anatomique de notre sujet : ici vous voyez les petites lèvres, les nymphes, bien dessinées qui gonflent et rougissent comme vous le verrez par vous-même au moment du plaisir. Là l’orifice vaginal, le capuchon du clitoris et le clitoris ou plutôt l’extrémité du gland du clitoris, magnifique organe de plaisir tout aussi érectile qu’un sexe masculin. La taille du clitoris varie d’une femme à une autre et ce que vous voyez en est la face émergée, comme dans un iceberg. Nous verrons comment se comporte le clitoris de notre cobaye un peu plus tard. Mais ne nous arrêtons pas à mi chemin : vous voyez ici l’orifice urétral, la voie vers l’urètre lui aussi source de plaisir chez certaines femmes. A vérifier chez notre cobaye… Jeune homme vous pouvez relâcher… Enfin je terminerai mon expérience du jour par deux zones invisibles situées à l’intérieur : celui qu’on nomme le point G, se situant dans le vagin, et les glandes de Skène que certains rigolos manquant cruellement d’imagination ont baptisées “prostate féminine”. Nous allons maintenant tester systématiquement les réactions de notre cobaye aux caresses et pénétrations diverses que nous allons lui faire subir. J’aurais besoin de quelques volontaires pour les tests. Qui est volontaire ? »
Ma moitié supérieure était salement excitée sous son champ chirurgical alors que les volontaires semblaient vouloir se bousculer pour s’inscrire aux travaux pratiques de Docteur Folamour. L’angoisse à l’idée de jouir très vite, trop vite gonflait en moi tant j’étais excitée par cette situation si longtemps fantasmée dans mes rêves les plus insensés, rêves au cours desquels j’étais l’objet quasi-inerte d’une étude scientifique : un sexe uniquement un sexe, sans pensées, sans cerveau. Le jour J était arrivé et intuitivement je savais qu’on allait me rendre folle de plaisir en investiguant ainsi la moindre parcelle, le moindre centimètre carré de mon intimité.
Combien de temps allais-je tenir ainsi, sans jouir, les jambes largement écartées sous les feux de la rampe ?

Vous le saurez en lisant «Cobaye » (3) très prochainement….

11 Responses to “Cobaye (2)”

  1. Quelle plume ! Félicitations !
    En souhaitant ardemment que vous ne soyiez jamais à court d’encre !

    Laurent Morancé

  2. Superbe entree en matiere Thais…on vous suit les yeux fermes.

    pain d'epice

  3. Les mots me manquent. C’est beau. Ca me fait penser à un tableau de Chardin. Mais d’un point de vue scientifique ne craignez-vous pas -comme le suggérait cet étudiant- que la présence de l’observateur, n’infue sur l’objet observé ?

    IMAGO

  4. Laurent, merci beaucoup. Ne vous inquiétez pas : je ne suis pour le moment ni à court d\’encre, ni à court de ce qu\’on appelle \”imagination\”. De plus les commentaires comme les vôtres me galvanisent et m\’incitent à écrire

    Pain d\’épice faites attention vous allez vous taper la tête dans un pilier :-)

    Imago vous pensez comme un peintre… Vous pensiez à Chardin et ça me flatte énormément, je pensais à Rembrandt en l\’écrivant. Pour ce qui est du point de vue de l\’observateur attendez donc la suite… Influence ou pas l\’essentiel c\’est le plaisir qu\’on retire à lire le récit (ou à l\’écrire pour moi) n\’est ce pas ?

    Thaïs

  5. Le seul pilier que je risque de croiser c’est celui que vous faites naitre lorsque je vous lis…et je sais que vous saurez apprecier le compliment en retour a votre talent..

    pain d'epice

  6. Pain d’Epice ! Soyez donc un peu modeste…Un pieu (d’airain comme disait Gainbourg) je veux bien mais un pilier… Si vous continuez je vais vous appeler Rococo :-) Si vous ne comprenez pas l’allusion allez donc faire un tout dans la catégorie “Morte de Rire” pour y lire les aventures de Rococo dans les “Stars de Porno de Série Z”

    Thaïs

  7. Je ne doute pas chere Thais que vous ayez compris le zest d’humour que j’ai ose eu egard a votre premiere reponse dans laquelle vous me tendiez (peut etre involontairement)la perche (perche est il assez humble?).Sachez toutefois que qu’elle que soit la taille de l’engin,il vous est acquis par avance.

    pain d'epice

  8. Ne me faites pas de telles propositions : je serais capable de sauter sur votre proposition :-)

    Thaïs

  9. Quel merveilleux paradoxe dans cette magnifique histoire de la froideur clinique des médecins et de la chaleur érotique de celle qui éprouve le plaisir. Ceci semble renforcer les médecins de ce récit dans leurs rôles de voyeurs (et les lecteurs par identification) et le cobaye dans son rôle de voyouse, dans le plaisir qu’elle a d’être exhibée. Le contexte scientifique permet aussi de déresponsabiliser ce cobaye de sa pudeur : ce n’est pas elle qui s’exhibe, elle se laisse faire, ce sont ces hommes de science qui décident pour elle. Bravo !

    Pe†eR

  10. La situation de ce sanctuaire ainsi assiégé et ensuite envahi pourrait laisser présager des dilatations extrêmes !

    Pe†eR

  11. Peter j’applaudis votre analyse de ce texte à deux mains et suis émerveillée d’avoir réussi à atteindre mes objectifs : vcous avez capté exactement tous les messages que je désirais transmettre avec ce récit. Ouaouhhhhhh c’est troublant. En ca qui concerne votre deuxième message je serais tentée de ne pas répondre…. Erotisme et surprises sont les mamelles de mes récits. Merci en tous les cas pour vos commentaires

    Thaïs

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