Plaisir Partagé

Thaïs, Amazone et Hédoniste : le Plaisir, rien que pour le Plaisir, en toute Liberté

L’uniforme… Voilà un prétendu prestigieux accessoire vestimentaire qui ne chatouille pas ma libido de femelle : tout ce qui porte un uniforme me laisse de marbre, quelle que soit la nature ou l’origine dudit uniforme : le militaire dans toutes ses déclinaisons de couleurs et de formes, le pingouinesque costard-cravate des ronds de cuir et son pendant féminin le tailleur, le scout et son associé fanion, la soutane du curée, la livrée du groom ou du larbin, la tenue stricte d’officier de l’armée du salut, la blouse médico-laborantine même si l’infirmière ou le toubib sont nus sous leur blouse, les falballas d’hôtesse de l’air, les tenues de flic, les robes d’avocats et autres toges, les conventionnels déguisements d’apparat des sado-masochistes ou fétichistes de service : tout cela m’évoque au mieux les gais carnavals de mon enfance ou un fameux groupe disco des années soixante dix affublé du nom ridicule de Village People, au pire la tristesse de notre aliénation et nos conditionnements sociaux. Même si, plus jeune, j’ai eu mes premiers émois érotiques à la vue de mon chéri du moment, de retour de son service militaire, accomplissant quelques travaux des champs torse nu, portant rangers de l’armée et treillis, la vue de tout uniforme provoquerait désormais un desséchement, voire une désertification de mon fond de culotte.
Que dit donc mon Littré préféré à propos de l’uniforme ? « Qui a la même forme, où l’on n’aperçoit aucune variété, dont toutes les parties se ressemblent entre elles » : ça commence bien, très excitant… Quoi d’autre ? Un habit uniforme est un « Habit fait suivant le modèle prescrit à un corps militaire, à une pension, à un collège » : si je comprends bien il s’agit donc d’un vêtement pour les embrigadés, volontaires ou pas. Si j’analyse un peu les différentes définitions données par mon cher dictionnaire, il n’est guère étonnant que Thaïs éprouve une allergie certaine envers les uniformes de tout poil. Mais revenons à nos moutons me direz vous, nous nous égarons et vous avez raison de me rappeler à l’ordre, chers lecteurs. Soldat Thaïs rentrez donc dans les rangs, je ne veux voir qu’une tête ! En avant, marche….
Vous êtes en train de vous demander où je veux en venir, n’est ce pas ? Je vous promets que je n’ai absorbé récemment aucune substance illicite. Eh bien voilà fidèles lecteurs, comme je vous l’avez sans doute remarqué en lisant entre les lignes de mes différents récits, l’uniformité me pèse et me fatigue, en plus de mettre ma libido en berne. Or, comme vous le savez, lecteur avisé et expérimenté, nul n’est parfait hélas : tout être humain est un vaste tissu de contradictions. Thaïs n’échappe pas à cette loi humaine. Lisez plutôt ce qui va suivre…
Depuis une paire d’années je me perdais régulièrement dans la contemplation toute platonique et non dissimulée de magnifiques specimens de jeunes mâles, pompiers patentés, tatoués ou pas, qui participaient à un entraînement intensif dans ma piscine préférée. Le regard humide de désirs avoués, je bavais hebdomadairement d’envie et de pensées grivoises devant leurs corps bien sculptés de sportifs, et leurs jolis petites fesses juvéniles et enthousiastes, ces rondeurs musclées qui vous donnent envie d’y passer les mains. Parfois même, lorsqu’un de ces vulcains émergeait pour se reposer sur le rebord de la piscine, mon regard s’attardait allègrement entre ses cuisses ouvertes sur le relief d’un sexe galbé par un maillot moulant luisant d’humidité. J’étais telle une gourmande devant l’étal d’une pâtisserie : toutes ces gourmandises me mettaient l’eau à la bouche. Amies lectrices, vous qui me lisez, ne me dites pas que ces beaux et fringants pompiers ne vous ont jamais fait rêver, vous aussi. Je ne vous croirais pas tout à fait.
Quand je voyais la troupe repartir et regagner son casernement dans le beau camion rouge j’échafaudais des plans, cherchant des prétextes dans le but de pouvoir aborder l’un d’entre eux. Mettre le feu à mon domicile ? Moyens énormes pour un résultat incertain. Le bal du 14 juillet ? Trop de monde. Tentative de suicide ? Dramatique et excessif. De plus maladroite comme je suis, je risque de ne pas me rater. Simulation de noyade à la piscine ? Difficile à mettre en œuvre et résultat aussi aléatoire que la tentative de suicide. Mon chat dans l’arbre ? Je n’ai pas de chat, je peux ronronner de plaisir mais je ne sais pas miauler. Que faire face à un tel dilemme ?
Finalement les hasards de la vie firent que mon rêve de gourmandises fumées se réalisa : un jour j’eus l’immense chance de capturer un jeune et beau pompier dans mes filets de sorcière. Appelons le « Pinpon » pour les besoins de ce récit. Pinpon c’est un joli nom pour un pompier, n’est ce pas ? Pinpon, la petite trentaine, brun aux yeux noirs en boutons de bottine, mesurait dans les un mètre quatre vingt dix, possédait un corps d’athlète, avait un joli tatouage sur les biceps, un tatouage dont il était très fier. Il est 22 heures. Pinpon sonne au domicile de Thaïs qui s’est pomponnée pour l’occasion : robe noire au décolleté pigeonnant et plongeant, et ces fameux bas qui tiennent tout seul, sans harnachement : une petite merveille de notre monde moderne. Hormis ses bas noirs tout neufs Thaïs est nue sous sa robe.
J’ouvre largement la porte et Pinpon pénètre dans mon antre. Ses gros godillots martèlent le plancher et étalent de larges traces de suie sur les tapis orientaux, mon unique luxe.
- « Serais tu de garde ? Tu as gardé ton uniforme… »
- « Non, j’étais pressé de venir chez toi : je n’ai pas pris le temps de passer dans ma piaule et de me changer »
- « Entre, installe toi confortablement » (contrariée par cet éléphant dans mon magasin de porcelaine)
Et Pinpon de s’installer sans chichis sur mon canapé, au milieu des coussins de soie, les cuisses bien écartées et d’allumer une première cigarette.
- « Tu n’aurais pas une bière au frais? » me demande t-il sans aucune gêne.
- « Si… si il doit m’en rester une. Je vais te la chercher… Ne bouge pas »
En bonne hôtesse je lui apporte bouteille de bière, décapsuleur et un verre. Il décapsule la bouteille, porte le goulot à ses lèvres entrouvertes et ingurgite le liquide ambré cul sec la. Puis il allume une deuxième cigarette avant d’entamer un très long monologue ponctué d’allumages de cigarette, bien campé dans mon canapé, les cuisses virilement écartées. Dans ce monologue logorrhéique il fut question de son travail de militaire, de sa vie de casernement, de sa haine de certains gradés planqués, des beuveries avec ses potes pompiers, de son lieutenant, de son capitaine, de son besoin viscéral d’agir au cœur des violences, de sa jouissance face au feu. Et moi, perdue dans son univers, de ponctuer son monologue de « Ah oui » « Oh vraiment » tout en contemplant son intéressante plastique de mâle et en me demandant à quel moment de son discours j’allais gentiment lui demander de me faire l’honneur du plus sensuel des strip tease. Autrement dit, je m’interrogeais sur le moment où il allait se foutre à poil pour parler technique pompieresque. J’attendis la fin de sa longue tirade, un paquet de cigarettes plus tard, pour enfin m’exprimer, en appuyant mes propos de mon air le plus lubrique, tout en lui caressant la cuisse gauche du genou jusqu’au pli de l’aine dans l’espoir de mettre le feu aux jeunes poudres :
- « Dis moi Pinpon tu dois avoir chaud, tu n’as pas envie de te déshabiller un peu ?
Formaté pour être obéissant, Pinpon obtempéra immédiatement et procéda à un déshabillage plus qu’à un effeuillage, sous mon regard admiratif avant de s’asseoir à nouveau sur le canapé, et de rallumer une de ses chères cigarettes. Thaïs la femelle commençait à se poser de sérieuses questions sur le pouvoir d’attraction de son physique de femme épanouie sur le jeune Pinpon, quand ce dernier prit la parole sans l’ombre d’un geste d’intérêt, sans un regard pour mes appâts:
- « Tu as un plumard ? On serait mieux, non ? »
Que sa volonté soit faite : j’indique le chemin à l’éphèbe pyromane patenté qui se vautre sur mon lit, sur le dos, les jambes écartées, me faisant profiter de son anatomie intime. Face à l’évidence d’une telle invitation je me précipite sur son sexe érigé pour lui prodiguer de tendres et douces caresses buccales.
- « Arrête Thaïs. Je vais jouir trop vite. Je suis trop excité. »
- « Si tu veux je te masse en douceur. Tu verras : c’est très agréable. Mets toi sur le ventre. Je vais commencer par te masser des pieds à la tête, mais attends moi deux secondes je vais chercher de l’huile de massage : c’est plus doux, plus sensuel, plus enveloppant. »
- « Non c’est pour les filles ça ! Je ne veux pas d’huile. En lus je risque de m’endormir. »
- « C’est plus sensuel, plus agréable, à la fois pour toi et pour moi. Et si tu veux tu pourras prendre une douche ensuite »
- « Non, pas question ! Masse moi sans huile, et fermement : je ne veux pas m’endormir sous tes caresses. »
Refroidie par notre apparente incompatibilité sensuelle, je me mis donc à l’œuvre sans grand enthousiasme. Le corps de ce garçon avait la rigidité d’un tronc de chêne. Mes mains le devinaient incapable de se détendre, a forteriori de s’abandonner, particulièrement quand je frôlai de mes bas soyeux l’intérieur de ses cuisses. Pinpon se raidissait et semblait subir une épreuve insurmontable. Par voie de conséquence cette séance de massage devenait tout aussi douloureuse pour moi que pour lui qui n’était que crispations sous mes caresses. J’abrégeai donc, et le fit se retourner sur le dos cette fois. Pinpon ne s’abandonna pas à la douceur et à la sensualité du moment que je lui proposais. L’armée française ne lui avait appris qu’à lever son étendard (sanglant… sans gland ?), le laissant désemparé face à la douceur, la tendresse et la sensualité des caresses. Finalement, dans un élan de quasi désespoir, je me déshabillai complètement et me glissai entre ses cuisses pour accueillir et caresser son sexe-étendard du doux nid formé par mes deux seins pressés contre son sexe. Pinpon frôla l’apoplexie lorsque je pris son gland entre mes lèvres et avalai sa hampe jusqu’au fond de ma gorge. Il ne s’abandonna finalement qu’au moment précis où il éjacula une giclé de sperme dans ma bouche sans un soupir, sans un geste, sans une caresse, sans un cri, dans un spasme unique et sans âme.
- « Excuse moi je ne t’ai pas baisée » me dit-il penaud, en se relevant immédiatement
- « Pas grave » lui répondis-je, élusive. Le moment n’était pas propice à disserter sur le plaisir…
- « Tu n’aurais pas une autre bière ? »
- « Non et si tu veux allumer une dernière cigarette retourne sur le canapé : je n’ai pas l’intention de dormir dans une chambre qui empeste le tabac froid. »
Les couilles désormais vidées, debout, me tournant le dos, Pinpon s’étira avant de se diriger, seul, vers la salle de séjour pressé qu’il était de mettre le feu à sa cigarette pour mieux la consommer, elle… Dix minutes plus tard il était debout dans l’encadrement de ma porte de chambre, le sourire charmeur aux lèvres.
- « Est-ce que je peux dormir avec toi ? »
- « Certainement pas ! Tu te crois dans un hôtel ? Ils ne t’ont pas attribué un lit dans ta belle caserne ? » lançai je d’un ton amer
- « Si, si, mais il n’y pas plus de métros à cette heure » me répondit Pinpon timidement, du bout des lèvres
- « Appelle donc un taxi. A cette heure ci tu n’auras aucun mal à en trouver pusique toute a ville dort ! Sinon appelle donc les pompiers »
- « Je n’ai pas d’argent sur moi »
Je dus accomplir un effort surhumain de volonté et d’empathie pour ne pas rassembler effets d’uniforme et bonhomme, et pour jeter le tout sans ménagements sur le palier.
- « Tu n’as qu’à dormir sur le canapé ou à même le sol : je n’ai pas le courage de sortir des draps. Je te réveillerai à 6 heures. »

Comme vous pouvez l’imaginer je n’ai jamais revu Pinpon malgré son insistance à vouloir remettre ça, et ses nombreux messages successifs sur mon répondeur téléphonique. Allez savoir pourquoi…. Il a très certainement partagé son récit de cette inoubliable baise avec ses camarades de chambrée en buvant moultes bières au goulot, en se tapant sur les cuisses et en s’enfumant les bronches dans un des bars à pompiers de la capitale. Quant à moi je regarde plus ces jeunes pompiers avec la même concupiscence. Je me contente de nager benoîtement sans détourner le regard et ma sportive attention de la ligne d’eau.

Première Moralité sans queue ni tête : les filles si vous voyez un pompier assurez vous qu’il n’est pas uniforme. Ou si vous voyez un pompier en uniforme assurez vous qu’il n’est pas vide (le pompier, pas l’uniforme !)
Deuxième moralité : ne jamais se fier aux apparences, autrement dit l’habit ne fait pas le moine

Les lectrices, ou les lecteurs homosexuels, qui désirent tenter une expérience pompieresque décoiffante peuvent me contacter par mail : je leur indiquerai l’adresse de la piscine et les horaires des jeunes fous en uniforme. On n’est jamais si bien servie que par soi-même n’est ce pas ?

(Encore une Illustration Originale et néanmoins désopilante d’Imago pour Thaïs)

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17 Responses to “U comme Uniforme”

  1. Thaïs s’était pomponnée, mais ne s’est pas faite pimponner.
    J’aime beaucoup l’introduction, zut j’ai encore gaffé !…
    Blague à part c’est un très bon texte.

    IMAGO

  2. Blague à part vous vous êtes encore grillé ! Au feu les pompiers :-)

    Thaïs

  3. Expliquez ?

    IMAGO

  4. Explication : vous me disiez avoir gaffé et je vous répondais “vous êtes grillé”, réponse circonstanciée vu qu’il s’agissait d’une histoire de pompier…. C’était une plaisanterie Imago…..

    Thaïs

  5. J’ai créé un lien sur mon blog.
    Ca va barder pour mon matricule

    IMAGO

  6. Un brin provocateur l\’illustrateur des récits de Thaïs…. Hmmmmmmmm…. Il est où votre matricule Imago ?

    Thaïs

  7. Au fond, moi aussi j’ai toujours préféré le bruit d’une paire de bottines aux bruits de bottes…

    Laurent Morancé

  8. Effectivement Laurent il y a bottes, bottines…. et bottes. Ma nette préférence va pour les bottines noires à lacets sensuellement caressées par une main blanche dans “Les chasses du Comte Zaroff”

    Thaïs

  9. Génial le texte mais l’expérience, ça reste assez bof, je te plains chère Thaïs… Je suis comme toi, je déteste les uniformes et le comportement qui va avec…

    Nathalie

  10. Merci Nathalie pour votre commentaire. Jene suis pas à plaindre ne vous inquiétez pas : avec le recul, cette expérience et d’autres (comme celle que je relate dans Les Stars de Porno de série Z avec son héros Rococo) ont l’avantage de me faire rire. Et puis il semblerait que cela amuse certains de mes lecteurs :-)

    Thaïs

  11. très drôle ton pompier… ou plutot très primaire.
    j’en ai connu un qui avec ou sans uniforme appréciait les massages et savait aussi bien allumer les incendies dans l’intimité que les éteindre professionnellement :-)

    Madison

  12. Merci Madison, vous ne voulez pas me donner les coordonnées de votre doux pompier afin que je puisse procéder à un test comparatif :-)

    Thaïs

  13. Dommage que vous ne m’ayez pas connu lors de mon service militaire…

    chiraz

  14. Chiraz, dites m’en plus…. Vous saviez éteindre les feux ?

    Thaïs

  15. l’ai touours su, mais le propre du bon pompier c’est de bien le connaitre et donc de savoir les allumer pour le matriser et l’eteindre..

    chiraz

  16. Lors de mon 1er passage j\’avais du oublier de cliquer pour mon commentaire ; petit récit plein d\’humour. J\’ai eu un voisin pompier, le même genre que le vôtre.
    A propos des uniformes \”ils(les militaires) ne portent pas l\’uniforme, c\’est l\’uniforme qui les porte\”

    alain

  17. J’ai maintenant du mal à imaginer qu’un pompier puisse être autre chose qu’un animal encaserné :-) Pas trop envie de retenter ma chance non plus….

    Thaïs

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