
(Illustration originale d’Imago qui se surpasse pour Thaïs)
Le cobaye sentait qu’un attroupement s’était formé autour de lui après que le Docteur Folamour eût choisi parmi les nombreux volontaires les élus expérimentateurs. J’étais finalement rassurée par ces présences humaines alors qu’une vague de chaleur s’infiltrait dans mes joues et descendait en picotant le long du cou et de la colonne vertébrale jusqu’à la naissance de la raie des fesses. Je me savais au bord de l’insondable précipice, pleinement consciente de la nécessité impérieuse de sauter allègrement dans le vide : Thaïs n’existait désormais plus que par son plaisir et son abandon total à leurs scientifiques expériences.
- « Commençons donc notre expérience en testant la zone la plus évidente : l’iceberg clitoridien, sa face émergée et visible, et sa face immergée invisible. N’oubliez jamais que ce petit bout de chair est le pendant féminin du gland masculin, et qu’il vous faut donc le manier avec les mêmes précautions : ne le caressez jamais à sec sous peine de ruades et plaintes diverses de la part du sujet. Je vais d’ailleurs vous le démontrer immédiatement : décalottons le clitoris de notre cobaye et caressons le sans user des précautions nécessaires. Observez et notez bien les réactions de notre sujet. »
En même temps qu’il parlait je sentis un doigt sec et ganté de latex me malmener le clitoris de la plus désagréable manière : je me mis à geindre, et à me tortiller dans tous les sens pour signifier mon mécontentement comme il avait été prévu. Dès mes premières manifestations de protestation le mouvement de va et vient manuel cessa. Je soupçonnai le toubib d’avoir sciemment pratiqué cette perverse et désagréable caresse dans l’unique but de calmer mes ardeurs naissantes.
- « Démonstration concluante : le sujet rue dans les brancards ! Notez également qu’il existe trois méthodes de lubrification du clitoris : la méthode naturelle lorsque la cyprine s’écoule à flots, la lubrification salivaire, et enfin la lubrification externe avec un lubrifiant de votre choix. Quant aux instruments utilisés pour pratiquer les caresses clitoridiennes ils sont nombreux : doigts, langue humaine ou animale, objets vibrants, voire aspirants, de toute sorte. Nous allons dès à présent tester la stimulation clitoridienne après avoir copieusement enduit le clitoris de notre cobaye de lubrifiant. Nous mesurerons le clitoris de notre cobaye au repos et au maximum de son excitation. Nous allons commencer…. J’ai besoin d’un volontaire pour décalotter, mesurer et enduire le bouton clitoridien. Vous, jeune homme, approchez….. Quel lubrifiant choisissez vous ? »
- « Eh bien j’aurais une préférence pour le lubrifiant à l’eau pour sa fluidité »
- « Excellent choix. Allez y, faites en copieusement usage… sans oublier les gants, ni le pied à coulisse anthropométrique pour les mesures anatomiques»
On m’avait habilement décalotté le clitoris : je le sentais battre gentiment la chamade de sa petite tête qui se heurta aussitôt à quelque chose de dur et de froid : l’apprenti était en train de mesurer mon petit bout de chair afin de mieux l’étiqueter pour la postérité scientifique.
- « Nous sommes en présence d’un clitoris de petite taille professeur et je n’arrive pas à le mesurer dans son état actuel : le pied à coulisse manque de précision »
- « Faisons preuve d’initiative et de ressources face à l’adversité jeune homme : nous prendrons les mesures lors de l’excitation. N’oubliez pas que cet organe est comme un iceberg, et que ses mesures obéissent aux mêmes lois physiques : 10% de visibilité pour 90% d’invisibilité, dans le vagin de notre cobaye. Continuez donc votre expérimentation et lubrifiez moi copieusement ce clitoris »
Le contact du lubrifiant sur mon clitoris maintenu décalotté provoqua une décharge du plus bel effet. Je me cambrai. Cette fois mon fidèle et joyeux compagnon de plaisirs commençait à bander : je le sentais se dresser alors que la situation présente m’excitait follement. J’étais comme un volcan : en éruption. Je prenais un malin et pervers plaisir à m’abandonner sans émotions aux caresses prodiguées sans me soucier des visages de mes apprentis voyeurs.
- « Vous pouvez allez vous asseoir jeune homme. Nous allons passer à l’étape suivante qui demande un peu plus de doigté et d’expérience. Vous qui êtes en deuxième année venez, approchez et expliquez nous de manière circonstanciée comment vous comptez procéder… »
- « Maintenant que le clitoris est lubrifié j’aurais bien pratiqué un test sur l’ensemble des outils que vous nous avez proposés, dans le même ordre : quelques caresses manuelles pour entamer le processus érectile, puis des caresses buccales pour augmenter l’excitation du cobaye et je terminerais par l’utilisation de ce petit œuf vibrant jusqu’à la limite de l’orgasme. Mais il me manque un accessoire indispensable professeur : une langue animale »
- « Bonne approche mon garçon. Pour votre accessoire, ne vous inquiétez pas… J’ai tout prévu… »
Intriguée au plus haut point, j’entendis les pas du toubib qui s’éloignaient de la table des opérations, puis le grincement d’une porte qu’on ouvre et qu’on referme. Les pas se rapprochaient à nouveau et le professeur était à mes côtés. Un vague murmure parcourait l’amphithéâtre mais je ne parvenais hélas pas à percevoir les mots qui se cachaient derrière les bruissements. J’étais terriblement excitée et je mouillais, sans doute par anticipation. Quelqu’un, un assistant, essuya le mélange de cyprine et de lubrifiant qui dégoulinait sans discontinuer de mon vagin. Deux mains non identifiées écartèrent ensuite mes lèvres en un large sourire, alors que des doigts caressaient langoureusement mon clito. Mon désormais gros bouton réagit à ces douces caresses à quatre mains : il durcissait et grossissait encore jusqu’au moment où je sentis un souffle chaud qui s’approchait de mes cuisses largement ouvertes sur mon con offert à la vue de tous. Je criai, vaguement surprise par le premier coup de langue de l’animal. Le toubib me caressa une épaule ; comme pour me calmer. L’animal, me léchait copieusement l’entrejambe de sa langue baveuse et chaude. Mon sexe de femelle semblait à son goût malgré les odeurs peu naturelles du lubrifiant : l’animal, fou de désir, infiltrait sa langue dans les moindres replis de mon sexe, du clitoris cette fois largement tendu jusqu’au vagin dans lequel il s’insinuait. Sa truffe impérieuse et humide tentait de pénétrer jusqu’au fond de mon intimité offerte à ses emportements sauvages de mâle en rut. Je gémissais et écartais de plus en plus les jambes sous le plaisir qui montait en moi par vagues.
- « Notre cobaye est dans une phase d’excitation intense. Voyez comme le clitoris est gonflé et tendu, voyez aussi comme les petites lèvres commencent à gonfler et à a changer de couleur. Mesurez donc ce clito et faites un cliché de la partie clitoridienne externe avant de procéder à la dernière étape »
- « 1,5 cm, Professeur, et il est impossible d’en mesurer le diamètre : notre sujet est trop excité. Le cliché est effectué. Puis-je passer à l’étape suivante ? »
- « Oui. Soyez extrêmement vigilant et délicat dans vos gestes : vous pouvez lui donner du plaisir mais surtout cessez avant l’orgasme : souvenez vous qu’il nous reste d’autres tests à effectuer. Il vous faut maintenir notre cobaye dans un état d’excitation maximum le temps de nos petites expérimentations. Ayez du doigté. Nous comptons sur vous pour mener à bien cette mission délicate »
L’apprenti avait compris le message professoral, moi aussi : on attendait de moi le contrôle et la maîtrise du plaisir pour ne pas jouir trop vite. La tâche me paraissait O combien difficile : comment à ce stade envisager de jouir en plus de cinq minutes ? Les scientifiques attroupés sauraient sans doute analyser les signes annonciateurs d’orgasme, ils sauraient également endiguer les flots de plaisirs s’il le fallait. J’étais encore sous l’emprise des coups de langue de l’animal lorsque j’entendis des jappements : on empêchait mon animal amant de mener à bien son entreprise, on le retenait. Pauvre chien, pauvre Thaïs. Séparés pour les besoins de la science. Mon sexe réclamait encore la chaleur de sa langue à l’habileté inouïe lorsque je sentis deux mains fermes m’écarteler à nouveau les lèvres jusqu’à la limite de la déchirure. Un vicelard petit engin vibrant vint alors masser mon clitoris tendu qui se mit à gonfler encore et encore sous l’effet des vibrations régulières. Atroce sensation et perte de contrôle : l’orgasme approchait inexorablement. Mon corps était parcouru de frissons, mes tétons que personne ne voyait, sauf mon bourreau de plaisirs en chef, étaient durs et tendus… J’étais proche de l’explosion et j’avais du mal à contenir mes gémissements désormais. Mes petits grognements et cris de plaisir, de plus en plus rapprochés, éclaboussaient les murs de l’amphithéâtre. Tous étaient silencieux : seuls le ronronnement du magnétophone et mes gémissements se faisaient entendre.
- « Il faut que je m’arrête immédiatement : le cobaye va orgasmer professeur. Clitoris : 2 cm. Je ne pense pas que je puisse obtenir de meilleurs résultats, sauf si j’utilisais une pompe»
- « Effectivement. Mais nous nous éloignons de notre sujet initial: je le répète l’objet de nos travaux pratiques n’est pas anthropométrique et quantitatif. Vous pouvez tous constater la similitude entre un gland masculin et un clitoris désormais. Cliché s’il vous plaît…. »
Mais comment font ils pour garder leur sang froid, alors que je bous et que je m’impatiente là-dessous ? je n’ai désormais plus qu’une seule envie, une obsession. Je ne suis plus qu’un trou, un trou programmé pour être possédé, défoncé, écartelé, empalé, rempli. Plus rien n’a d’importance que l’orgasme inéluctable qui me taraude. Plus rien n’a d’importance que ce petit capuchon de bonheur qui ne demande qu’à exploser d’un plaisir totalement dénué de distanciation scientifique. Dans un moment de désir insensé j’hurle :
- « Baisez moi, Bon Dieu…. Je vous en prie ! Bande de salauds ! »
Le silence qui fait écho à mon cri est glacial et me donne le vague sentiment d’avoir commis une erreur grossière. Me voilà figée, hébétée. Que cache donc ce silence et ce mutisme soudains de la part du Docteur Folamour? Que va-t-il advenir du plaisir de Thaïs ?
Vous saurez la suite (et peut-ête la fin de ce récit) en lisant « Cobaye » (4) très prochainement

On attend la fin, donc…
En somme, on attend pas mal de trucs (sourire)…
Laurent Morancé
March 2nd, 2007
Cette attente vous déplaît elle tant que cela Laurent ? J\’aime bien les histoires à épisodes… Il y a déjà eu Chasse à L\’Homme, Le Manoir, Chez les Hommes Secrets…. Il y en aura sûrement d\’autres. Et pour vous faire languir un peu plus je vais prendre mon temps pour publier Cobaye (4)….
Thaïs
March 2nd, 2007
Cela me permettra peut-être de rattraper le train et d’y accrocher mes wagons
imago
March 2nd, 2007
Où est le contrôleur ? Où est le contrôleur ?
Thaïs
March 2nd, 2007
Sémiramis, la reine de Babylone,
Sémiramis la reine aux blancs nichons,
qui fit venir Archimède en personne,
pour mesurer la largeur de son…
Qu’on apporte, qu’on apporte,
Une femme et qu’on la déshabille… à poil, à poil, à poil,
Qu’on apporte, qu’on apporte,
Une femme et nous la baiserons.
IMAGO
March 3rd, 2007
Ma parole Imago vous avez des antécédents carabinesques !
Thaïs
March 3rd, 2007
Meme cause, meme effets chere Thais.J’aurai presque aime echanger ma condition d’homme contre celle de cet heureux animal,surement grace a votre plume toujours aussi agile a faire naitre les envies les plus delicieuses.
pain d'epice
March 5th, 2007
Merci Pain d’épice et j’espère pouvoir vous régaler de la suite de Cobaye prochainement. Ne vous attendez à rien, n’imaginez surtout rien. Vous risqueriez d’être déçu
Thaïs
March 5th, 2007
comme a son habitude votre plume a fait son effet, que ne donnerai je pour etre cet etrier et receuillir votre desir..
chiraz
March 7th, 2007
Chiraz attendez donc la suite…:-)
Thaïs
March 7th, 2007
Plus qu’à Chardin ou Rembrandt, je pense à Orange Mécanique,Science qui veut tout expliquer(fiction),spot de lumière crue n’éclairant que le sexe, scintillement des instruments et la tête de l’animal, les hommes sont dans l’obscurité de l’amphi…
2cm….!félicitations
alain
March 7th, 2007
Sorry!
alain
March 7th, 2007
J’ai souvent un regard clinique quand je décris les choses qui touchent au sexe, mais là je suis votre humble serviteur …
C’est plaisant, étrange, enjoué, précis, fluide, en deux mots : J’aime !!
Philo
March 7th, 2007
Alain, bravo pour le commentaire : je sais que vous avez du mal à vous y retrouver dans la navigation sur mon blog. Bravo donc pour ce premier commentaire. J’aime la vision que vous avez de “Cobaye” et son côté “Orange Mécanique”. Il est vrai que ce film a laissé des traces dans mon imaginaire…
Philo vous me faite rougir… de plaisir et de confusion. Merci
Thaïs
March 8th, 2007