Plaisir Partagé

Thaïs, Amazone et Hédoniste : le Plaisir, rien que pour le Plaisir, en toute Liberté

Désolée, encore du Calaferte aujourd’hui…

“La peste est sur la terre. Dans le rognon des âmes. Incurable. Rien à tirer du troupeau de bourriques meurtiières. A l’arnaque. Au pognon. Au petit sexe giron. J’achète. Je banque. Je suis preneur. Faites vos prix. Chèque barré, la vie. La vie telle que nous l’avons déformée, telle que nous l’avons acceptée, telle que nous la propageons. Paie en nature ou en espèces. Amène ta fille, si t’as pas de liquide. Encore pucelle, c’est une fortune. Wall Street en choeur en perd a boule…..”

et aussi :

“Vivre. Etre la vie. Se saisir du monde, comme d’un bien personnel, et en jouir, librement. Se dépouiller, se gonfler, sépuiser de vie et arriver nu jusqu’à Dieu. Dieu qui n’est peut-être que l’extrêmité de soi. Se présenter les mains vides, volontairement pauvre, mais l’âme plongée dans un ravissement de joie”

Tout cela dans un seul et unique ouvrage, sublime : Septentrion

31 Responses to “La Peste est sur la Terre….”

  1. J’aime bien le second extrait …

    Philo

  2. Comme le disait Dostoievsky
    “Si Dieu n’existait pas,tout serait possible”..
    Qu’il est bon de lire des mots qui par leur sens vont bien au dela des simples lettres qui le forment et du sens qu’on leur connait.
    Merci Thais…

    pain d'epice

  3. Philo, le “porblème” avec Calaferte c’est que chaque phrase peut être relue et méditée : j’aurais envie d’en recopier des pages entières ici…

    Oui Pain d’épices le pouvoir des mots est immense, surtout quand on les aime

    Thaïs

  4. Je n’ai rien à dire d’intelligent sur ces phrases fortes. Et quand on a rien à dire, il vaut mieux se taire.
    Merci de nous les faire découvrir.

    IMAGO

  5. J’avais trouvé ” la mécanique des femmes ” chez une amie, je ne l’ai pas encore commencé, c’est aussi bien que Septentrion qui semble t’avoir plu ?

    Lucy

  6. Lucy, j’ai également lu “La Mécanique des Femmes” mais j’avais beaucoup moins apprécié que “Septentrion” comme vous pouvez le constater

    Thaïs

  7. Tout se paye, s’achète, mais au risque de choquer, j’ai toujours pensé que Calaferte, lui, se paie de mots. Pour paraphraser, on peut violer les mots” à condition de leur faire un enfant”.Dieu n’existant pas les cogitations mystiques m’interessent à peu près autant que le choix des cravates de Proust.

    alain

  8. Alain, vous ne me choquez pas. Vous exprimez un point de vue et je ne vois pas pourquoi votre point de vue sur Calaferte me choquerait. Certains sont touchés par Ferré, d’autres par Calaferte…. That’s life

    Thaïs

  9. On peut aussi être touché par Calaferte ET Ferré qui lui aussi, il me semble, se payait parfois et même souvent de mots “d’une texture nouvelle, coulés demain matin”.
    Il me semble que la première citation à des accents -et une misique- très Célinien. “Rien à tirer du troupeau de bourriques meurières”, j’ai déjà entendu ça qq-part.
    Céline disait “trogon de l’être”. Je cite de mémoire. En tout cas cette similitude est plutôt un bon point.

    IMAGO

  10. Waaowh! Que de références! Devant ces jouissances, je n’ai plus qu’à tirer ma révérence…
    Quel plaisir de vous lire.

    Un mot volant

  11. Imago, je crois que mon attirance pour Calaferte vient de mon amour immodéré pour les écrits de Céline. Calaferte est effectivement très célinien dans son style et dans ses préoccupations. Bien vu…

    Un mot volant (joli pseudo !), Merci et bienvenue dans le monde sans enchantements de Thaïs

    Thaïs

  12. La juxtaposition Calaferte et Ferré???? Ils ne jouent pas dans la même cour!J’aime bien Ferré, oui mais ce n’est pas ma référence littéraire (oui, il se paie parfois de mots, c’est son côté cabotin évoqué dans une autre rubrique. La littérature française de la 1ére moitié du 20ème siècle me parait pauvre. Ces intellectuels, tiraillés par leur fascination ou répulsion pour Moscou ou pour Dieu ont regardé passer les trains sans en prendre aucun( à quelques exceptions près, dont Céline. Pas de chance, il s’est trompé de train, en 1914 et en 1939).Rabelais ne s’est pas contenté de décrire les horreurs de la peste, il a mis les mains dans la charogne, dans la sanie, il a disséqué en secret,traqué par l’Eglise.
    Pour finir sur une note plus légère ” 3 français sur 5 dépucellent eux memes leurs filles le soir de leur communion solennelle, les 2 autres sont des athées”( Cavanna).Donc, n’en déplaise à Calaferte,nous ne vendons pas nos filles, surtout à Wall Street,nous les gardons les pour nous.

    alain

  13. Alain, je suis d’accord avec vous : la plupart des intellectuels du 20ème siècle ne sont pas des foudres de guerre, mais le leur demande t’on ? La prochaine fois je laisserai tomber provisoirement Calaferte et Céline et me contenterai de mon cher Desproges….

    Thaïs

  14. L’amour… il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. A partir de quoi il m’apparait urgent de me taire.
    Un peu de Desproges pour se décontracter ;)

    Madame B

  15. Désolé, j’ai l’impression d’avoir cassé l’ambiance.Ne vous censurez pas Thaîs, citez Calaferte, Céline, je me tairai, promis! Ceci dit j’attends avec impatience ce cher Desproges. C’est mon dernier mot ici!

    alain

  16. Madame B, Bien vu et merci pour cette citation de Desporges. ceci dit je suis de celles qui en parlent… Un jour il va falloir qu’on m’explique comment on fait un sentiment :-)

    Alain vous n’avez pas cassé l’ambiance : c’est en discutant qu’on apprend. Ne vous taisez surtout pas, et cela ne m’empêchera de citer personne :-)

    Thaïs

  17. Concernant Céline et les trains, je connais aux moins deux cas où il en parle :
    - dans Rigodon : qui relate une traversée de l’Allemegne sous les bombe
    - et à propos de ses acouphènes.
    post-traumatiques : il entendait des gares de triage. J’essaierai de trouver un échantillon, juste pour le fun.

    IMAGO

  18. Imago, hum…. Vous devez suivre votre pensée… Ou j’ai raté une gare…. Ceci dit il me semble que Véline relate aussi un voyage en train dans l’Allemagne bombardée dans “Nord”. Je me souviens effectivement de cette anecdote à propos de ses acouphènes. Fouillons donc en choeur dans nos souvenirs céliniens….

    Thaïs

  19. Je relançais sur le commentaire d’Alain sur Céline qui avait raté des trains en 1914 et 1939.
    Vous avez certainement raison pour “Nord”. Si je parlais de Rigodon, c’est que dans ce roman-chronique le train qui traverse l’Allemagne sous les bombes est omniprésent, en est le fil conducteur : - Dis donc Rostock, Ulm c’est une traite ! ”
    Les acouphènes :
    “L’oreille me relance… me bourdonne, des sifflets !… [ ] j’entends des trains qui me foncent dessus!… me sifflent, me ronflent plein la tête!…” (Le pont de Londres pp 86 et 87.)
    “Quand je vous parle en ce momment, j’ai un train dans l’oreille gauche, un train en gare de Bezon. Il arrive, il s’arrête, il repart…” (Conversation avec Merry Bromberger. Cahier Céline, no1, p30.)
    Il doit y en avoir d’autres…
    Contrairement à ce qui a été dit, il n’a rien inventé. C’était la conséquence d’une “première blessure” en 1914, un obus qui avait explosé près de lui et l’avait projeté contre un arbre.

    IMAGO

  20. Les acouphènes de Céline l’ont sûrement poussé au pessimisme et à la misanthropie. Cette maladie est terrible surtout quand on en est réduit à entendre 24 heures sur 24 dans le creux des oreilles des trains, voire une gare de triage ! Ajoutons également que Céline souffrait de migraines terribles. Un autre artiste célèbre a souffert de ce mal : Van Gogh… On sait où cela l’a mené… Je me demande aussi si Apollinaire, trépané, ne souffrait pas lui aussi d’acouphènes. On ne décrira jamais assez l’horreur de la guerre des tranchées et leur conséquences terribles sur la santé des poilus rescapés, nos grands-pères et arrières grands-pères. Mais je m’égare….

    Thaïs

  21. Non pas du tout, je ne voulais pas trop développer ( c’est raté !) mais vous avez raison : outre ces bruits et douleurs interrompus “Ma vie interne est infernale”, ce sont me semble t’il les horreurs de la guerre, venus s’ajouter à une enfance assez calamiteuse, qui l’ont conduit à ce pessimisme.
    Dite donc, tout ça n’es pas très bandant. Je vous proposerai le récit de son dépucelage par une femme mûre et quelques autres joyeusetées.

    IMAGO

  22. Je n’ai jamais dit que mon blog était un blog pour les clowns :-) Ne nous censurons pas cher Imago….

    Thaïs

  23. Simplement pour vous saluer chère Thaïs…
    Bonne journée à vous.

    Philo

  24. De leurs voyages en train à travers l\’Allemagne, des millions de juifs auraient bien aimés de ne souffrir que d\’acouphènes. Quant aux tranchées, Céline était si ma mémoire est bonne, médecin et il a été réformé très rapidement. Je ne peux pas lire quelqu\’un qui a écrit des choses aussi bêtes, viles, misérables sur les juifs.

    alain

  25. Certes Alain, certes mais vous ne pouvez dénier la valeur de l’homme de lettres. Si on devait s’abstenir de lire tous les déjantés et les extrêmes notre histoire littéraire en pâtirait. On peut apprécier un homme de lettres tout en détestant l’être humain qu’il était. Et vice versa. Il existe aussi des êtres humains formidables qui s’avèrent de piètres écrivains….

    Thaïs

  26. Je ne faisais pas allusion aux déjantés et aux extêmes.Qu’a apporté Céline a la littérature? un style Vallès avait ouvert la voie. Et puis ce genre de phrase me fait penser à “bon d’accord, Hitler, il y a eu les camps mai il a construit des autoroutes”

    alain

  27. Il faut comparer ce qui est comparable… Hitler a construit des autoroutes pour mieux faire circuler ses chars d’assaut…. Céline n’a pas écrit pour mieux exterminer les juifs… A moins que ce “détail” (humour) là m’ait échappé…

    Thaïs

  28. Ses écrits ont contribué à justifier l’extermination des juifs, lachasse aux communistes, aux francs-maçons, plus tôt dans sa vie l’exploitation des ouvriers en approuvant le taylorisme, et encore avant à approuver la guerre de 14.
    Desproges, c’est pour quand?

    alain

  29. Oui vous avez raison de la légèreté, de la légéreté…. Après Desproges je pourrais citer Kundera… Vous me donnez des idées. Desproges ? Je ne sais pas. Probablement après mes deux prochains récits.

    Thaïs

  30. calaferte: legereté et profondeur de l’âme, certainement un peu célinien avec la modestie en plus, et pourquoi ne pas visiter la tendresse de bukoski

    pascal

  31. Merci pour votre visite Pascal : je ne sais pas comment vous êtes venu vous perdre ici…. Plus beaucoup d’activités sur le blog de Thaïs comme vous l’avez sans doute constaté :-) Je n’ai jamais considéré Bukowski comme un tendre. Un écorché certes mais pas un tendre.

    Thaïs

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