Plaisir Partagé

Thaïs, Amazone et Hédoniste : le Plaisir, rien que pour le Plaisir, en toute Liberté

Je croisai les jambes, prenant soin de remonter ostensiblement les pans de ma jupe le long de mes cuisses gainées de noir. Le regard magnétisé des deux hommes aussitôt fixa mes jambes, remontant des chevilles à l’ourlet de la jupe. Je profitai de cet avantage facilement et lâchement obtenu et, d’une voix subitement cinglante comme une lanière de fouet :
- « R déshabille toi…. Complètement »
Tous deux me regardèrent, interloqués. R, le plus surpris des deux compères, me fusilla de ses yeux bleus-gris d’acier coupant, finit par hausser les épaules, résigné, et par s’exécuter sans grâce. Notre hôte, lui, perdait les pédales et devenait écarlate de confusion : souffrait-il d’une allergie soudaine au changement brutal d’atmosphère ?
R était nu comme un ver, les deux mains croisées sur son entrejambe, comme pour dissimuler l’inavouable. Je lui ordonnai d’oublier sa pudeur et de s’allonger sur le dos au pied de la table en bois massif, d’écarter largement les cuisses et de se masturber sous nos yeux de voyeurs improvisés. R écarquilla les yeux comme s’il découvrait une nouvelle Thaïs, l’extravertie, la face cachée de ma lune. Finalement il me décocha son fameux sourire en coin, celui auquel je ne savais pas résister, et commença à se caresser avec la plus grande des convictions. Son sexe durcit alors que je lui offrai impudiquement le spectacle de mon entrejambe ouvert sur l’absence de toute barrière de tissu.
Le visage écarlate de notre compagnon de jeux vira alors au pivoine cramoisi, comme s’il allait s’étrangler. Tout son être n’était que tension et excitation contenues. L’apoplexie semblait imminente. Il était grand temps d’apporter un soulagement à cet homme qui semblait vivre ce soir précis le rêve inespéré de sa vie d’homme tendu de désirs accumulés et inassouvis depuis des lustres ; je l’invitai à s’asseoir sur mes genoux et le gratifiai d’un long baiser de cinéma comme pour l’encourager à se détendre et à s’abandonner. L’homme ferma les yeux, fondit sous mes lèvres qui s’entrouvraient, gémit doucement lorsque ma langue-serpent s’insinua dans son intimité buccale, et se laissa embrasser comme une femelle jusqu’au moment où je lui saisis le bout du menton, comme je l’aurais fait avec un garçonnet :
- « Sers nous donc de tes excellentes crêpes avant qu’elles ne refroidissent. Elles sont délicieuse ces crêpes n’est ce pas mes amis ? Et n’oublie pas de te servir au passage : je veux te voir te régaler, toi aussi…. R désires tu boire quelque-chose ? »
Quelle question ! Evidemment le pauvre oublié voulait boire : sa séance masturbatoire l’avait totalement déshydraté. J’attrapai la bouteille de Champagne et déversai un flot de Champagne frais dans la bouche largement ouverte de mon bel amant alors qu’il continuait à doucement se caresser sous le regard cette fois interrogateur de notre cuisinier. Anticipant la suite, je souris d’un sourire à peine perceptible laissant présager de mes caprices les plus tordus. Ils allaient voir de quoi Thaïs était capable, il allait aussi comprendre, mon amant aviné, les aleas des désirs de Thaïs, lui qui croyait me surprendre par sa soirée au thème vague et sans objet.
- « Tu ne vois pas que R a faim, lui aussi. Sers lui donc une de tes bonnes crêpes. Et mets y de la confiture, plein de confiture, sans oublier les gros morceaux de fruits. Je parie qu’il adore la confiture ce goinfre »
L’homme tendit la crêpe alourdie de confiture et de fruits à mon complice.
- «  Mais non, espèce d’empoté ! Pas comme ça ! Enroule donc cette crêpe chaude autour de sa bite…. Fais lui donc un fourreau crêpier fourré ! Voilà…. Bien. Maintenant mets toi à quatre pattes, comme un toutou, et mange la cette crêpe, avec délectation, et sans mettre les mains s’il te plaît. Attention à ce que tu fais ! Et surtout n’oublie pas de lécher la confiture comme il faut : ma bouche, mon con et mon cul détestent les queues collantes…. »
Les deux hommes semblaient désormais aussi excités l’un que l’autre si j’en jugeais par la visible érection de l’un et par la raideur du sexe de l’autre caressé à travers le tissu du pantalon de velours. La hampe de R gigotait sous les effets combinés de la bouche et de la langue de son compagnon d’infortune. Pour parfaire ce digne tableau aux accents rabelaisiens je pris une crêpe, la roulai, debout, les jambes écartées au dessus du visage de R, m’accroupis et enfin lui enfournai d’un coup dans la bouche en lui intimant l’ordre de ne pas bouger pendant que je me déshabillai, complètement, sous le regard ébahi des deux hommes soumis à mes caprices alimentaires du moment. Décidée, j’enfourchai alors le torse de R et grignotai la crêpe la mordillant par petits bouts. Je me régalai des dernières miettes qui traînaient jusqu’au fond de son gosier alors que l’autre bénéficiait d’une vue en gros plan sur mon cul vicieusement tendu vers son visage. La dernière bouchée gobée, je me retournai et attrapai notre hôte par la noire tignasse…. qui me resta une demie seconde entre les mains. Thaïs ne ris pas, retiens toi surtout, maîtrise toi. Pour lui, pour eux, pour toi. Je reposai tant bien que mal la digne moumoute sur la tête du bonhomme, l’attrapai à nouveau par le menton, le regardai droit dans les yeux – sans rire – et finalement lui dit en un sublime effort visant à démontrer mon autorité :
- « Maintenant toi aussi tu vas te déshabiller, complètement. Je te regarde. Et tu vas nous servir à boire comme un bon petit esclave que tu es…. »
Je vis bien qu’il était légèrement inquiet. Sans doute à cause de la féline lueur fugace qu’il avait probablement perçue dans mon regard. Un regard de sorcière qui n’accepte pas qu’on lui résiste. Il se retourna et se déshabilla en un strip-tease honteux, pataud et maladroit aux effluves de parfum bon marché. Cet homme et son honnêteté m’attendrissaient : il vivait son fantasme sans arrières pensées, pleinement. Comme je le comprenais. Il donnait le meilleur de lui-même, repoussant d’un seul coup des années de limites et de barrières à son plaisir. Je me devais de lui donner satisfaction à ce veuf frustré de plaisirs à qui la vie n’avait pas fait que des cadeaux. La nudité ne lui seyait pas, pas plus que l’habillement. Une nudité un peu triste, respirant privations et frustrations.
- « Viens ici maintenant : nous allons tous deux nous occuper de toi….A ton tour de t’allonger à la place de R…. R, tu vas toi aussi déguster une crêpe bien chaude, une crêpe bien fourrée… »
J’empaquetai son sexe dans son nid rouge, chaud, sucré et gluant, puis laissai R s’agenouiller entre ses jambes pour déguster à son tour son divin dessert.
- « Hmmmmmmm…. Voilà vas y mange… C’est bon n’est ce pas ? »
Nous n’entendions plus dans la pièce que des lapements, des bruits de succion et diverses onomatopées mêlées de désir et de la surprise. Au moment où la bouche de notre hôte s’arrondissait sur un « Oh ! » je m’assis sur son visage enfoui entre mes cuisses, et lui demandai de me lécher alors que je contemplais R qui s’activait sur le sexe de notre compagnon de jeux d’un soir. R ne débandait pas. De reconnaissance je caressai les cheveux longs de mon amant tout en gémissant sous les coups de langue de notre hôte qui semblait se régaler de la douceur salée de ma cyprine qui coulait généreusement dans sa bouche. Quand R eut fini de déguster la crêpe, son fourrage et le sexe imbibé de confiture rouge sang je me retournai et lui tendis ma croupe humide pour qu’il me la baise.
- « Nous allons nous baiser et tu seras le matelas sur lequel nous allons gicler nos plaisirs conjugués »
Pour toute réponse j’avais la vision de ses grands yeux exorbités : l’escalade irrémédiable du désir et plaisir l’empêchaient de parler, de penser alors que mes seins battaient la chamade sous les coups de plus en plus frénétiques de R.
- «  Allez branle toi, lâche toi. Tu es un animal en rut et tu vas gicler ta semence comme un animal » lui dis-je dans un feulement de louve.
R me susurra alors à l’oreille qu’il n’était plus maître de l’explosion à venir. Je lui suggérai de se lâcher – lui aussi - et de gicler toute sa semence à la figure de notre hôte. Ce qu’il fit dans un râle. Notre homme se mit alors à se masturber vigoureusement, et lui aussi lâcha sa semence qui se répandit sur son ventre. Je pris alors la tête de R pour qu’il lèche le produit de leurs plaisirs conjugués jusqu’à la dernière goutte….

Nous bûmes, encore et encore, comme pour célébrer une victoire. R surtout. Le veuf semblait aux anges, apaisé. J’en étais heureuse. Ce qui devait arriver finit par se produire : R était cette fois complètement ivre et me regardait constamment d’un air de cannibale énamouré. Au vu de l’état exponentiellement déliquescent de mon amant, je donnai enfin le signal du départ et nous nous séparâmes de notre hôte qui ne tarissait pas d’éloges et de remerciements à propos de la soirée inoubliable, voire miraculeuse, qu’il venait de passer. Ses petits enfants et les enfants de ses petits enfants se souviendraient encore de Thaïs-Sœur-Theresa-du-Sexe-en-Goguette dont la statue trône sur la cheminée du salon, à la place qu’elle méritait. Il ne me resterait plus qu’à distribuer des images pieuses à la sortie des lieux de cultes….
Je retrouvai mon chemin plutôt facilement et raccompagnai mon complice jusqu’à chez lui malgré deux arrêts d’urgence sur l’autoroute : mon imbibé muet désirait se dégourdir les jambes alors que nous roulions à plus de cent vingt kilomètres heure. Je le rattrapai vivement par la manche au moment où il ouvrait la portière, freinai, m’arrêtai sur la bande d’arrêt d’urgence. Non content de cette acrobatie soudaine il décida de s’enfuir à travers champs et je dus courir, le rattraper, et le traîner jusqu’à la voiture dans laquelle il finit par vomir à grands flots. Vertige de l’amour……

Je ne peux m’empêcher, à chaque fois que je mange des crêpes, de revoir des images, des images d’un moment de bonheur fugace dans une grisaille banlieusarde.

Vous l’aurez compris à la lecture de ce récit : pour faire de bonnes crêpes prendre deux hommes et une femme, les arroser copieusement d’alcool et… attendre la suite sans laisser reposer.

Il était déjà bien éméché ce soir là mon breton de R lorsque je passai le prendre à son domicile dans feu ma poubelle mobile. La démarche approximative il s’agrippa à la poignée de la porte dans l’espoir de l’ouvrir. En vain. Comme il pleuvait je décidai d’être prévenante et de gentiment lui ouvrir la porte. Il s’effondra sur le siège passager, le regard fixe noyé dans le vague de ses tristes pensées de jour gris et pluvieux.
- « Alors R où allons nous ce soir ? C’est quoi cette surprise ? »
….Un ange passe….
- « Hum R… Tu es là ? Je t’ai posé une question… »
- « Avance ! »
- « Tu es drôle toi ! Avance…. » Lui répliquai je au moment de redémarrer
- « Tout droit. Je te dirai…. » Me bredouilla t’il entre deux vagues pensées embuées.
- « Tu es certain que tu te sens bien ? Tu es sûr d’être assez vaillant pour toute la soirée ? »
- « T’inquiète ! Conduis ».
Propos d’ivrogne en pleine cuvaison pensais-je.
J’avançai donc. N’est ce pas vivre que d’avancer après tout ? Je roulais lentement pour laisser au cerveau embrumé de mon compagnon de route le temps de jeter l’ancre. Je fus plutôt surprise par la rapidité avec laquelle il reprenait le dessus. Nous étions désormais sur l’autoroute, une des ces autoroutes qui mènent dans des banlieues aux noms improbables et dans des cités, radieuses ou non, portant noms de fleurs ou d’animaux sauvages en souvenir de toutes les forêts précédemment ratiboisées par de très quelconques promoteurs de seconde zone assoiffés de rentabilité urbaine. Soudainement, alors que je laissais libre cours à mes réflexions urbanistiques du jour, mon compagnon aviné sortit un papier de sa poche et me demanda d’allumer le plafonnier pour déchiffrer son écriture approximative. A force d’écarquiller les yeux il finit par lire son grimoire et me dit :
- « Tourne au prochain embranchement et prends la direction Jolieville. Notre bonhomme nous y attend à 21 heures précises. »
- « Nous ne risquons pas d’être à l’heure ! Il est déjà 21 heures 30. Pendant que je te sens d’humeur loquace dis m’en un peu plus sur notre prestation si tu veux bien. »
- « J’ai très envie de te voir dominer un homme devant moi…. »
- « D’accord, d’accord…. Dis moi où je dois aller maintenant. Pas besoin d’en savoir plus. »
- « Je ne sais pas : je n’ai rien retenu de ses explications. »
- « Bon alors nous nous arrêtons devant la prochaine cabine téléphonique et tu l’appelles d’abord pour lui dire qu’on s’excuse et qu’on arrive le plus vite possible d’une part, et ensuite profites en pour te faire expliquer le chemin pendant que tu y es. Prends des notes cette fois…. »
Je soupirai alors que R s’extirpait péniblement de la voiture. Qu’a-t-il encore concocté mon double de diable alcoolique ? Où nous emmène t’il ? Le sait-il lui-même ? Rien de moins sûr. C’est glauque à souhait ici, coincé entre autoroute et voie rapides, avec tous ces immeubles gris qui se ressemblent et qui ne ressemblent à rien. Pourquoi certains êtres humains sont ils ainsi punis d’exister ? R, apparemment ragaillardi par l’air vif et la pluie fine, revenait vers la voiture d’un pas décidé, son papier à la main. Cette fois ci il n’eut pas de mal à ouvrir la portière. J’y vis un signe….
- « Bonne nouvelle : nous ne sommes pas loin » dit-il dans un souffle qui empestait encore l’alcool.
Et R de m’expliquer le chemin alors que je conduisais doucement, priant ma bonne étoile que je retrouve le chemin en sens inverse au retour de notre expédition. Vingt minutes plus tard – il était largement plus de 22 heures -nous nous garions devant la « résidence » de notre hôte du soir, « Les Ecureuils » ; les écureuils avaient bien évidemment déserté les lieux depuis belle lurette et les seuls animaux susceptibles de survivre à cet environnement ne pouvaient être que des cafards… ou des humains. Tout ici n’était que béton et tristesse. De très rares lumières, des néons pour la plupart, brillaient aux fenêtres. L’obscurité régnait autour du vaisseau fantôme bercé par la rumeur constante de la circulation sur l’autoroute, pas celle des vacances, mais celle des travailleurs coincés dans les embouteillages. Ma poubelle ambulante cadrait bien dans ce paysage sans avenir.
Je m’étirai en sortant de l’habitacle confiné, R aussi. Il me prit dans ses bras, m’embrassa, me prit par la main et nous nous dirigeâmes ainsi, tel un petit couple modèle, jusqu’à l’une des entrées du bloc de béton sombre, l’entrée F (comme fente ?). Nos pas résonnaient sur le carrelage du hall aux murs pisseux recouverts des sempiternels et intemporels graffitis de l’ennui. Nous appelons l’ascenseur à la porte duquel sont gravées les mêmes inscriptions tout aussi obscènes et explicites, puis nous grimpons dans l’étroite cabine aux odeurs mêlées de renfermé et de soupes moulinées. R appuie sur le 7 de bakelite, déclenchant un long et langoureux baiser combiné d’une caresse appuyée et ciblée sur sa braguette jusqu’au 7ème ciel de nos délires.
- « C’est la porte en face. Passe devant, et sonne » me dit-il an appuyant ses propos dune flatterie croupière.
Je m’exécute sans hésitation. Un homme ouvre la porte, immédiatement, rayonnant du plus beau sourire, et nous souhaite la bienvenue. Il n’est pas rancunier notre ami : nous avons deux heures de retard et il ne semble pas nous en vouloir. L’homme doit avoir la cinquantaine, mesurer environ un mètre soixante dix, un petit ventre qu’on devine arrondi sous la tension d’une chemise dont les boutons ne demandent qu’à s’ouvrir, des cheveux noirs plaqués d’étrange façon sur la tête. Affable, il nous accueille et nous aide à nous débarrasser de nos manteaux, nous invite à nous asseoir sur son lourd canapé, de ceux que les catalogues qualifient de confortable et de rustique. L’endroit se veut accueillant, cosy comme disent nos voisins d’outre manche : une table et six chaises trônent au milieu de la pièce, dans un coin la sacro sainte lanterne magique, énorme, très présente, trop présente. Sur l’autel aux strass et aux paillettes une photo de femme, et une photo de jeunes mariés : elle, elle et lui avant le décès qui le fit veuf. Tapisserie à grands ramages, rideaux de dentelles et velours épais, table basse en verre recouverte de boissons alcoolisées diverses et de bols vomissant d’amuse-gueules. Les quelques étagères sont recouvertes de bibelots ramenés des ailleurs qui font rêver notre homme, notre homme qui a peur du vide, et qui le signifie. Comme pour prouver aux visiteurs que nous sommes qu’il existe bel et bien.
Les présentations sont vite bâclées. Aussitôt on nous propose de boire un verre. Champagne ? Oui Champagne pour tout le monde, même pour R qui s’était gavé de vodka avant de me rejoindre…. Nous aidons notre hôte à servir le Champagne et nous trinquons gentiment à notre rencontre d’un soir :
- « Je vous ai préparé une surprise… » nous dit notre hôte d’un air entendu en se dirigeant vers la cuisine. Deux minutes plus tard il revient avec une assiette fumante généreusement emplie de crêpes préparées par ses soins, avec amour. Ses crêpes miraculeuses s’avèrent délicieuses. Je me régale. Thaïs la gourmande est conquise. De plus la coupe de Champagne et la légèreté des bulles, réveillent l’euphorie de mon inspiration qui sommeillait jusqu’alors. Thaïs il est grand temps d’entrer en scène : ton public t’attend…. Regarde comme ils s’impatientent !

La suite dans l’Art d’Accomoder les Crêpes (2)…. Rire diabolique de Thaïs…..

Je ne peux résister au plaisir de vous citer cette phrase de Richard Ford dans “Indépendance” :

“Je suis le mauvais cheval pour toi, moi qui aime le tintinabulement des débuts d’idylle sans érpouver le besoin d’en faire plus que de te fermer mes oreilles dès que sa douce sonorité menace de conduire à autre chose”

Sacré Richard !

Et puis allez quelques petits morceaux choisis de Thaïs soi-même, histoire de rire de ses drôles de délires :

- “Les êtres libres sont beaux ; leur regard est lumineux et vivant ; leur visage est ouvert. Ces êtres sont rares.” (1998)

- “Pourquoi toujours le ce modèle occidental sempiternel : le couple, le couple comme valeur suprême. Le couple qui préserve du monde extérieur, le couple cocon rassurant. On s’appuie l’un sur l’autre et on se coupe du reste du monde à force de se regarder le nombril. S’enfermer dans une quiétude rassurante, se tenir chaud surtout et reproduire des petits êtres conformes. Voilà la définition du bonheur universel globalitaire. Dire qu’on ose appeler cela de l’Amour ! Laissez moi sourire à défaut de rire. Je n’en veux pas de ce couple qui aliène ma liberté : le couple c’est la rigidité des valeurs, des comportements et des idées….” (1999)

- “L’Homme est désespérant avec son manque fondamental d’imagination et son besoin de se référer aux mêmes sempiternelles valeurs. Mais est-ce si irrémédiable ? Admettre le plaisir pour ce qu’il est. C’est tout. Sans besoin de reproduire. L’instant pour ce qu’il est. L’instant pour le bonheur qu’il apporte, sans cet Amour remède des personnes malades de peurs. Le plaisir comme mode d’expression du bonheur de l’humanité saine en bonne santé. Si l’Amour n’existait plus il n’y aurait plus de guerre. Quel progrès si l’humanité entière acceptait le plaisir. L’humanité débarassée de ses dieux et de ses peurs” (2000)

Comme quoi il y a une certaine constance dans mes propos….. Bon allez promis la prochaine fois je vous assène un récit, ou plutôt une recette de cuisine à ma façon. Un récit dans lequel il sera question de crêpes (bretonnes ?)…..